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Wednesday, 16 February 2005
Humphreys et Seeten toujours à la lutte !
Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
7. Conrad Humphreys (Hellomoto) à 737,5 milles de l’arrivée
8. Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) à 25,3 milles du 7e
9. Bruce Schwab (Ocean Planet) à 573,7 milles du 7e
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. 102e jour de course : Conrad Humphreys a repris la 7e place à Joé Seeten pour seulement 25 milles.
. Ces deux concurrents sont toujours attendus ce week-end aux Sables d’Olonne.
. Karen Leibovici semble sortie de la zone perturbée le long des côtes brésiliennes.
Chassé-croisé
En quelques jours, Conrad Humphreys (Hellomoto) (en photo) et Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) ont alterné à la 7e place.
Ce matin, le skipper anglais s’est de nouveau glissé devant son adversaire. Décalé dans le sud-est de Seeten, Humphreys bénéficie d’un vent légèrement plus soutenu au sud de l’anticyclone.
De son côté, Joé subi les calmes du centre anticyclonique. Il a passé des heures à tenter de s’extirper des vents erratiques particulièrement instables en force et direction. « Je suis stratégiquement coincé ; si je continue au nord, je m’englue dans l’anticyclone, et si je pars au sud, je me recale derrière Conrad » analyse Joé.
Seule solution pour le skipper dunkerquois, naviguer sur le bord le plus rapprochant, vers le nord-est en attendant une bascule du vent qui lui permettra de virer de bord vers les Sables d’Olonne.
Des arrivées attendues
L’arrivée des deux prochains concurrents dans le courant du week-end est particulièrement attendue. Notamment du côté de Dunkerque où une délégation de “carnavaleux“ s’apprête à faire le voyage jusqu’aux Sables d’Olonne pour accueillir comme il se doit l’enfant du pays. La fin du carnaval de Dunkerque d’un côté et l’arrivée de Joé pendant le week-end de l’autre devraient assurer un grand spectacle haut en couleur autour de Port Olona. Fanfares, déguisements et chansons à boire seront de la partie pour célébrer les deux prochains héros de ce Vendée Globe.
Dur passage pour Karen
Après avoir subi un coup de vent jusqu’à 70 nœuds dans une mer chaotique le long des côtes brésiliennes, Karen Leibovici (Benefic) s’est résolue à repartir au sud-est, quitte à s’éloigner de la route, pour s’extraire de cette zone peu hospitalière. Décidément, les conditions météorologiques n’auront pas été très clémentes avec les derniers de ce Vendée Globe. Mais Karen, qui garde toujours le moral, espère pouvoir bricoler un nouvel hydrogénérateur avec les pièces de rechange du bord. Elle se trouve toujours au large de Porto Seguro (Brésil). Devant elle, Raphaël Dinelli (Akena Vérandas), au large de Recife, profite toujours de l’alizé de sud-est pour filer plein nord vers l’équateur. Dans l’hémisphère nord, Benoît Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western) et Anne Liardet (Roxy) remontent vers l’archipel du Cap Vert grâce à l’alizé de nord-est. Benoît possède toujours plus de 300 milles d’avance sur Anne. Tous les deux sont au près, dans une mer assez ordonnée. Enfin, Bruce Schwab (Ocean Planet) est passé à moins de 130 milles de Palma (Canaries). Pour l’instant, il est le seul à avoir suivi une route est pour remonter vers l’Europe.
Ils ont dit :
Benoît Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western) :
« Je suis dans un alizé un peu bizarre car le ciel est gris, sans cumulus, peut-être encore sous l’influence de la dépression Mauritanienne. J’avance bien. La mer s’arrange et je peux porter plus de toile sans trop taper dans la mer. Je bouquine un peu, je lis « tortilla flat » de Steinbeck. Je n’écoute pas beaucoup de musique en revanche. Je passe du temps à régler le bateau. J’ai toujours grand plaisir à naviguer, car chaque jour et chaque nuit sont différents. Mais l’isolement me pèse un peu. Je ressens une certaine impatience depuis le Horn. J’ai envie de revoir les gens que j’aime, ma copine… L’hydrogénérateur marche vraiment bien. J’ai pu cette nuit aller sur Internet, récupérer des fichiers météo sans actionner mon moteur, juste avec l’hydro… C’est vraiment une source d’énergie d’avenir… »
Bruce Schwab (Ocean Planet) :
« Tout va bien. Cela se passe comme prévu et je parviens à échapper aux zones de calme. Je suis content d’être au portant. Cela va durer un petit peu, puis je serai de nouveau au près mais dans du vent moins fort, 25 nœuds maximum je pense. Je vais remonter sur une route proche des côtes, à moins que je ne sois obligé de partir un peu dans l’ouest pour avoir un meilleur angle de vent. Mais je vis de belles journées. J’ai même joué un peu de guitare et j’ai pu avancer sur le morceau que je compose à l’attention de Denis Horeau (Directeur de course du Vendée Globe). J’ai vraiment hâte d’arriver. J’ai envie de voir tous mes amis qui arrivent des Etats-Unis, mes amis français et tous ces inconnus qui m’ont envoyé leurs encouragements et leurs témoignages d’amitié. Et puis surtout, je sais que ma maman sera là ! Le soutien à mon projet est extraordinaire aux Etats-Unis, mais aussi aux quatre coins du monde, surtout de la part d’individualités anonymes… Je suis toujours dans l’attente d’un sponsor principal. Il n’est pas trop tard car nous préparons une fête pour le retour du bateau en Amérique et tout soutien est le bienvenu pour notre projet. A part cela, tout va bien à bord. Je n’ai plus de petites douceurs à manger, juste les aliments de base. Question énergie, j’ai vraiment été très économe. Je crois qu’il me reste plus de 100 litres de carburant dans la quille. »
Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) :
« Je suis complètement ralenti en bordure de l’anticyclone. Je n’arrive pas à m’en dégager. Je zigzague dans un vent erratique et sur mer plate. Le vent n’est stable ni en force ni en direction. Je passe tout mon temps à régler et à anticiper les virements dans à peine 10 nœuds de vent. C’est un peu usant, d’autant que pendant ce temps, Conrad (Humphreys) se replace intelligemment. Il a un peu plus de pression et un meilleur angle de vent que moi. Je suis stratégiquement coincé ; si je continue au nord, je m’englue dans l’anticyclone, et si je pars au sud, je me recale derrière Conrad. Je dois donc tirer des petits bords rapprochants pour m’extraire des hautes pressions et espérer pouvoir enfin faire route bâbord amures vers la ligne d’arrivée. C’est une situation très énervante. J’ai bien tenté hier soir une petite danse indienne pour faire revenir le vent mais en vain. J’envisage mon arrivée samedi soir prochain. Je vais me battre jusqu’à la fin, surtout que je sais que de nombreux Dunkerquois seront là pour m’attendre et faire goûter aux Sablais un peu de l’ambiance du carnaval de Dunkerque. »
Karen Leibovici (Benefic) :
« J’ai eu une semaine difficile, surtout ces quatre derniers jours, sous les grains orageux et sur une mer compliquée à cause des courants contraires. Il m’était impossible de faire la route. Je n’avais pas le choix, il a fallu partir dans l’est, et même au sud-est. Ce n’est que ce matin que j’ai pu virer et faire à nouveau la route directe. Cela a vraiment été très difficile, avec 40 nœuds de vent établi et jusqu’à 70 nœuds dans les grains. C’est là que j’ai perdu mon hydrogénérateur, lors d’un grain soudain que je n’ai pas vu venir. Il faut que je reconstruise l’hélice avec des pales de rechange. Pour l’énergie, il me reste un peu de gasoil et mes panneaux solaires. La plupart de mes instruments sont éteints pour ne pas décharger mes batteries trop vite. Dès que la mer sera plus calme, je débrancherai les pilotes pour barrer au maximum. C’est dur physiquement. J’ai beaucoup dormi cette nuit pour récupérer. »
Source : Vendée Globe
18:40 Posted in Vendée Globe 2004 | Permalink | Comments (0) | Email this | Tags: Voile, Nautisme





















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