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Thursday, 17 February 2005

Dérive bâbord endommagée pour Anne Liardet

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
7. Conrad Humphreys (Hellomoto) à 653,7 milles de l’arrivée
8. Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) à 33,3 milles du 7e
9. Bruce Schwab (Ocean Planet) à 437,9 milles du 7e
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. 103e jour de course : Anne Liardet a signalé que sa dérive bâbord avait connu un problème et endommagé le puits de dérive, entraînant une petite voie d’eau.
. Conrad Humhpreys et Joé Seeten sont toujours ralentis par les calmes de l’anticyclone au large du golfe de Gascogne. Leur arrivée n’est pas prévue avant dimanche, dans le meilleur des cas.
. Raphaël Dinelli approche de l’équateur. Le Sablais doit revenir demain dans l’hémisphère nord.

Coup dur pour Anne Liardet
medium_jpg_1100268119_y450.jpgVers 11h00 jeudi matin, Anne Liardet (Roxy) a appelé la Direction de Course pour signaler une avarie au niveau de sa dérive bâbord et de son puits de dérive. Bien qu’elle n’ait pas senti de choc, il est néanmoins probable que ce soit la rencontre d’un OFNI qui ait provoqué cette avarie. Le bout retenant la dérive ayant cassé, l’appendice s’est enfoncé dans le puits de dérive et l’a endommagé, créant une voie d’eau. La navigatrice s’est rapidement mise à la cape sur le bord opposé pour limiter cette entrée d’eau, estimée à un seau de 10 litres toutes les 40 secondes. « J’ai ce qu’il faut à bord pour réparer le trou » a-t-elle assuré à la vacation du jour. « La dérive est fendue et semble bien coincée dans le puits. Je n’arrive ni à la lever ni à la pousser… Il faut que j’enlève cette dérive afin de colmater le puits avec de la résine. » La dérive étant également abîmée, il semble peu probable qu’Anne Liardet puisse la réutiliser. Ne pouvant inverser sa dérive tribord, elle va devoir remonter l’Atlantique Nord sans dérive bâbord, ce qui ne lui permettra pas de suivre un cap optimum pour les allures de près.

75 milles en 24 heures !
Bloqués par les vents évanescents de l’anticyclone qui s’étale sur la moitié de l’Atlantique Nord, Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) et Conrad Humphreys (Hellomoto) doivent prendre leur mal en patience. Bien que le calme règne autour d’eux, ces conditions sont beaucoup plus épuisantes physiquement et nerveusement que de la brise. Il faut sans cesse régler les voiles, matosser, et adapter le bateau aux faibles variations de vent. Seule consolation pour les deux skippers, savoir que l’autre connaît les mêmes conditions… Privé d’énergie depuis plusieurs jours, Conrad Humphreys doit barrer plus de 15 heures par jour, tandis que Joé Seeten regarde sa plage avant en imaginant les solent, gennaker et spis qu’il a perdus ou déchirés et qui lui seraient bien utiles pour s’extirper des petits airs…

Dinelli proche de l’équateur
Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) s’apprête à retrouver l’hémisphère nord demain. Raphaël était heureux aujourd’hui de sentir les premiers signes de notre hémisphère avec l’arrivée de la houle du nord-est qui précède les alizés du même secteur. Mais avant de toucher ce nouveau vent, le navigateur sablais doit d’abord traverser le Pot-au-Noir qui est, semble-t-il, toujours aussi peu actif en ce moment.

Ils ont dit :

Anne Liardet (Roxy)
« Je ne suis pas certaine d’avoir heurté quelque chose ou si c’est simplement le bout qui a cédé, mais ma dérive bâbord est fendue. En reculant elle a explosé le puits de dérive, provoquant une voie d’eau. J’ai tout de suite mis à la cape et ai appuyé le bateau sur tribord pour que l’eau ne pénètre plus dans le bateau. La dérive est fendue et semble bien coincée dans le puits. Je n’arrive ni à la lever ni à la pousser… Le bout de descente est coincé entre la dérive et la cloison. J’ai encore 20 à 25 nœuds de vent et la mer est agitée. Il faut que j’enlève cette dérive afin de colmater le puits avec de la résine. Après, je pourrai reprendre ma route, même avec une seule dérive, même si celle-ci n’est pas interchangeable. Il faut démâter pour enlever les dérives ce qui est naturellement impossible en mer. Tant que le bateau est gîté sur tribord, je ne fais plus d’eau. J’ai entendu un bruit, comme quelque chose qui courait le long de la coque, mais il n’y a pas de trace de choc sur la dérive, et la quille et le safran sont intacts. J’ai bon moral, juste un peu énervée. Mais cela ne m’empêchera pas de finir. »

Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) :
« J’ai parcouru 130 milles en 38 heures, à 3 nœuds de moyenne ! Ce n’est pas très heureux ! j’ai actuellement 2,3 nœuds de vent… J’espère que cela va rentrer bientôt, peut-être cet après-midi… Je pense que Conrad a fait une petite bêtise ; venant de dessous, il n’avait pas à entrer ainsi dans l’anticyclone. Je pense qu’il a voulu me marquer, mais à 2 nœuds, ce n’est pas un très bon contrôle. Il est maintenant mieux positionné que moi et avec ses voiles d’avant, il devrait aller plus vite que moi dès que le vent d’est-nord-est sera rentré. J’ai connu hier une journée épuisante. Je me suis endormi de fatigue et quand je me suis réveillé, le bateau avait fait demi-tour. Il m’a fallu 6 heures pour revenir dans la pétole à mon point de départ ! C’est beaucoup plus fatigant de naviguer ainsi que dans la brise. Il faut être dessus tout le temps, attentif aux réglages, au matossage, etc. Les fichiers ne sont pas fiables. Cet anticyclone devait monter au nord-est. Je n’aurais jamais cru qu’il allait redescendre. Je suis pile dans son centre et je ne parviens pas à m’en sortir. La mer ondule, car on est au large, mais avec de grands calmes, quelques petites risées et des précipitations… Une espèce de Pot-au-Noir avec les orages en moins. J’attends le vent pour me reposer. On est sur les nerfs. C’est une chance que nous soyons hors des routes maritimes entre Ouessant et le cap Finisterre, car nous serions obligés d’enclencher le moteur pour nous dégager si un cargo nous arrivait dessus… »

Conrad Humphreys (Hellomoto) :
« Depuis deux jours, je suis dans l’incapacité de démarrer mon moteur. J’ai donc éteint tous les instruments du bord, y compris l’informatique. Je navigue en aveugle, sans information extérieure, ni météo, ni classement ou position. Je barre entre 15 et 16 heures par jour. J’ai attaché ma barre avec un système de bouts qui permet de tenir un cap tant bien que mal à condition d’avoir un minimum de pression dans les voiles. J’ai sorti mon duvet et je somnole près de ma barre. Je suis très fatigué et j’espère pouvoir me reposer si le vent se stabilise. Le vent a l’air de rentrer un peu. J’espère qu’il va se maintenir et me permettre de faire route directe vers Les sables... J'ai aussi perdu toute pression dans les vérins de quille la nuit dernière. Je l'ai donc fixée une fois pour toutes. Je manquerai un peu de stabilité si le vent se lève mais cela devrait marcher..."

Raphaël Dinelli (Akena Verandas) :
« J’ai commencé hier à sentir la houle de l’Atlantique Nord. Je l’ai sentie rentrer et je me suis dit : « ça sent la maison ». Depuis plusieurs jours, je suis au taquet. Il faut rentrer. Alors je me bagarre comme si j’étais en tête. J’ai encore eu hier des conditions dantesques sous des grains énormes. J’en ai profité pour me doucher. Le bateau va bien quand il y a du vent. J’essaie d’en tirer le meilleur parti. C’est un très bon bateau qui peut encore aller plus vite avec quelques améliorations. Il fait très chaud. L’intérieur est un vrai sauna absolument pas ventilé. Les nuits sont agréables mais les journées beaucoup trop chaudes. Je ne me fais pas trop de souci pour le Pot-au-Noir. Il ne peut pas être pire que ce que l’on a connu au large du Brésil. »

Source : Vendée Globe

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