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Tuesday, 01 March 2005

Les nerfs à vif !

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française) du 28/02/04
10. Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) à 526,9 milles de l’arrivée
11. Anne Liardet (Roxy) à 397,3 milles du 10e
12. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) à 1 250,5 du 10e
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Neuf concurrents arrivés, quatre encore en mer, sept abandons

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L'arrivée de Bruce Shwab en 9ème position, le 25 février à 08:00:57, en 109 jours, 19 heures, 58 minutes et 57 secondes, à la vitesse moyenne de 8.98 noeuds. belle image de Pierrick Garenne un des rédacteurs des communiqués du Vendée globe.

Et maintenant...
- 114e jour de course : Pas de demi-mesure. Soit il y a trop de vent – 35 à 40 nœuds – pour Benoît Parnaudeau et Anne Liardet, soit il n’y en a pas du tout pour Raphaël Dinelli et Karen Leibovici.

- Les quatre concurrents encore en course sont usés, physiquement et nerveusement. Après bientôt quatre mois de course, ils ont hâte que cela se termine.

Une baston qui dure

40 nœuds établis, des rafales à 50 ! Ce n’est pas tant la force du vent qui pose problème à Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) et Anne Liardet (Roxy), mais l’état de la mer et le fait de devoir l’affronter au près.
Non seulement leur vitesse de rapprochement est quasiment nulle, mais en plus, le bateau souffre terriblement dans cette mer « monstrueuse ». Et quand le bateau souffre, son skipper n’est jamais serein. Impossible de se reposer convenablement dans de telles conditions. Chaque manœuvre est une épreuve de force et seule la bannette propose une position supportable. Le ras le bol est général… Reste à compter les heures en attendant que cela se calme. Malheureusement, cela dure depuis maintenant 48 heures. Si Benoît peut espérer trouver des conditions meilleures dans le nord lundi, Anne devra encore patienter au moins une journée de plus.

Une pétole qui s’éternise

Engluée, stoppée, bloquée, arrêtée… Depuis quatre jours, Karen Leibovici (Benefic) est littéralement prisonnière d’une dorsale anticyclonique où le vent ne dépasse guère 4 nœuds en pointe. Tout l’inverse d’Anne et Benoît !
Et cela devrait durer encore quatre jours de plus… Le bateau est ballotté par la houle. Les voiles claquent d’un bord sur l’autre et fatiguent le gréement qui, déjà éreinté par un tour du monde, n’en demandait pas tant.
Cette situation est d’autant plus pénible que Karen n’a plus beaucoup d’énergie, souffre toujours du dos, et voit l’échéance de son arrivée reculer de jour en jour.
Du coup, la jeune femme est au bord de la crise de nerf.
Prendre son mal en patience demande une force psychologique hors du commun. Alors Karen vide son bateau, le range à nouveau, essaye de s’occuper l’esprit entre deux réglages. Cette fin de Vendée Globe l’oblige à puiser au plus profond d’elle-même pour trouver la force d’affronter successivement, les tempêtes et les calmes, les avaries en tout genre, et les douleurs physiques qui s’accumulent.
Pour Raphaël Dinelli (Akena Vérandas), la situation est similaire mais différente. Similaire parce que, comme Karen, Raphaël n’a plus le moindre brin d’air, et toujours de la houle pour comparer son monocoque à un vulgaire bouchon de liège. Différente parce que Raphaël n’est pas coincé dans la dorsale anticyclonique, mais entre deux dépressions. Il sait donc que cela ne doit durer qu’une journée. Dès la nuit prochaine, le vent devrait revenir en force par l’ouest à l’approche de la prochaine dépression.

Ils ont dit :

Anne Liardet (Roxy)
« J’en ai ras le bol. On a eu notre dose de difficulté physique. Ce ne sont vraiment pas des conditions agréables. Roxy est très fatigué. Le gréement se relâche toujours, les fuites augmentent au niveau du puits de dérive. Le vent fort, c’est une chose, le problème c’est les grains. J’ai établi la voilure pour eux et donc c’est un peu mou entre les grains. Hier, j’ai eu un mal fou à affaler la trinquette. Elle ne voulait pas descendre. J’ai dû tirer dessus comme une malade pour l’affaler. Avec tout ça, cela n’avance pas vite et je perds du temps. Le bateau cogne, tombe, est secoué dans tous les sens. On se demande comment ça fait pour tenir. Ce ne sont pas les conditions les plus fortes qu’on ait eues pendant le Vendée Globe, mais ce sont les plus dures pour le bateau et pour les nerfs. Il n’y a pas grand-chose à faire dans la journée. On compte un peu les heures. Il faut juste surveiller les grains et le pilote qui barre mal dans ces conditions et vire parfois tout seul. Lorsqu’on passe l’équateur, on pense que c’est bientôt fini. En fait, les journées ne font que se rallonger. »

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western)
« J’ai toujours trois ris dans la grand-voile et rien devant. Il y a 35-40 nœuds de vent avec des rafales à 50. La mer est monstrueuse. Parfois, cela s’emballe, c’est hallucinant. Je n’avais jamais connu cela au près. Dans les mers du sud, le vent nous poussait. Hier, j’ai essayé de faire de l’est, mais cela ne le faisait pas du tout. Ce matin, j’ai aperçu un problème d’embout de latte. J’ai affalé la grand-voile, remis l’embout, remonter la grand-voile. Mais dans ces conditions, avec les lazy jacks, c’est tout un bordel ! Du coup, j’ai cassé les lazy… Il faut aussi que je change la drisse de trinquette qui est usée. »

Karen Leibovici (Benefic)
« J’ai 4 nœuds de vent maximum ! Je pense que cela va rester comme ça jusqu’au 3 mars (jeudi). Et j’attaque déjà mon quatrième jour de pétole. J’en ai marre ! C’est très dur pour le moral, et pour les nerfs. Je suis vraiment fatiguée. Ce matin, pour oublier tout, j’ai tout mis par terre et je range les caisses une par une. Cette nuit, je me suis relativement bien reposée, mais il faudrait encore plusieurs nuits comme ça pour l’être vraiment. Le vent est de tendance nord, avec des oscillations au nord-ouest ou au nord-est. Mais ce qui est très gênant, c’est la houle qui secoue le bateau et la girouette. Il est donc difficile de voir les vraies variations du vent. Les voiles se gonflent et se dégonflent. C’est constamment instable. »


« Le vent est tombé complètement. Je n’ai plus rien. C’est une transition entre deux dépressions. Cela devrait revenir en milieu de nuit prochaine. J’ai pensé un moment affaler les voiles en attendant pour ne pas faire souffrir le gréement dans la pétole. Il n’y a que 4-5 nœuds de vent. C’est la mer qui prend le dessus sur les voiles. Je vais essayer de dormir cet après-midi, car la nuit je dois faire de la veille visuelle pour les cargos. Mon transpondeur est en panne. Le but à court terme est d’aller vers les Açores. »

Source : Vendée Globe

Comments

Un petit coucou
Au fait tu fais jamais dans le Jules Verne ?
Fidele au VG
Un seul amour ?

Posted by: CyouX | Tuesday, 01 March 2005

Oui Vive Peyron !

Posted by: finger | Tuesday, 01 March 2005

Et oui un seul amour à la fois... ppfff... sinon c'est trop compliqué ! ;-))

Posted by: olivia | Wednesday, 02 March 2005

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