« Scones | HomePage | Benoît Parnaudeau, 10ème du Vendée Globe 2005 »
Wednesday, 02 March 2005
Tous vainqueurs !
Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
10. Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) à 219,5 milles de l’arrivée
11. Anne Liardet (Roxy) à 489,9 milles du 10e
12. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) à 1 141,5 du 10e
class.02.03.xls
Neuf concurrents arrivés, quatre encore en mer, sept abandons
Comme le soulignait à la veille du départ de cette 5ème édition du Vendée Globe, Sir Robin Knox-Johnson, vainqueur en 1969 de la première course à la voile en solitaire autour du monde sans escale et sans assistance, ceux qui en termineront avec cet « Everest » de la voile hauturière seront tous et indépendamment de leur classement, des vainqueurs. Vainqueurs et héros si l’on observe l’incroyable dureté de cette fin de course pour les deux femmes et les deux hommes encore en mer. L’Atlantique et ses systèmes météos associés ont bouleversé leurs schémas habituels pour offrir à ces 4 marins en lutte depuis 116 jours un infâme cocktail à base de pétole pour les uns, et grains violents pour les autres, avec un dénominateur commun dans cette misère générale, le près, allure contre le vent et face à la houle où hommes et machines déjà meurtris sont encore passés à la moulinette. Les Sablais le savent, ils seront nombreux demain soir à accueillir Benoît Parnaudeau et son Max Havelaar Best Western.
Benoît qui jette ses dernières forces dans les 250 milles qui le séparent de la délivrance. « J’ai été dessus toute la nuit » raconte t’il, « Sous les grains et sous les vrais giboulées de mars, avec un bateau qui se couche dans le froid et l’eau glaciale ». Le vent de secteur nord est rentré. Il mollira demain matin, à l’heure où le Rochelais sera en approche du port vendéen. Marée oblige, ce n’est qu’à partir de 19 heures que Benoît entrera dans le chenal vers Port Olonna.
Formidable Anne Liardet (Roxy). Au plus bas moralement hier, soumise aux caprices d’une dorsale anticyclonique, il a suffi de quelques reflets de la lune et de la constellation du scorpion sur une mer enfin apaisée pour rendre à la jeune femme l’énergie et l’enthousiasme du premier jour. « J’ai hâte d’arriver, mais il y aura un pincement au cœur, comme lorsqu’on termine quelque chose de fort ». C’est donc cela un marin, quelqu’un capable d’aimer toujours et encore les éléments pourtant si durs et si impitoyables. « Plus qu’un ou deux bords à tirer et j’en terminerai vent de travers dans le golfe de Gascogne. A dimanche ! »
Raphaël Dinelli (Akena Verandas) en jubilerait presque, malgré la fatigue et les efforts redoublés sur le pont pour maîtriser un voilier chahuté dans 40 nœuds de vent. « J’ai eu des « claques » à 50 nœuds et le bateau est parti dans des surfs à plus de 20 nœuds. » Avec plus de 270 milles parcourus ces dernières 24 heures en route directe, Raphaël peut être satisfait. A 1 400 milles de l’arrivée, il entame aussi sa dernière caisse de nourriture, preuve tangible que sa grande boucle touche à son terme.
La palme de l’héroïsme à Karen Leibovici (Benefic), marin jusqu’au bout des ongles qui s’évertue au-delà de l’épuisement à équilibrer, régler et faire marcher son bateau au rythme infernal d’un vent qui tourbillonne, s’installe, forcit puis disparaît. Fatigue et douleur, riz et pâtes cuits à l’eau de mer, voilà les composantes des derniers 1 900 milles de Karen dans ce Vendée Globe…
Ils ont dit :
Raphaël Dinelli (Akena Verandas)
"Les conditions ont bien changé. Après la pétole, voici la tempête ! La mer est énorme, et Akena a effectué des pointes à 18 nœuds au GPS. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas été aussi vite. En début de nuit, j'ai eu une énorme frayeur en remontant sur le pont : un cargo en route de collision s'est présenté devant moi. J'ai dû négocier un long moment à la VHF pour lui faire changer de cap parce que si je lofais, c'était le contact assuré. Un empannage dans les conditions aussi sport, ça ne me branchait pas vraiment ! Mais ils ont été sympas, et ils ont bougé On a discuté de la course, moi dans un anglais approximatif, et eux dans leur anglais coréen ! C'était parfait ! »
Karen Leibovici (Benefic).
« Ca avance un peu. Après le près dans la pétole, c’est du près dans le baston. La mer est démontée et le bateau tape beaucoup. La nuit a été très mouvementée avec des passages de grains et donc du vent très instable. Je suis épuisée et j’ai du mal à tenir sur mes jambes. Il est impossible de suivre le rythme du vent. A peine ai-je pris un ris qu’il faut le renvoyer et vice et versa… Je préfère rester un moment sous toilé et aller récupérer. Physiquement, je n’en peux plus. Le pilote ne tient pas dans la pétole, j’ai donc dû barrer. Il faut être dessus tout le temps dans ce vent instable. J’espère que l’anticyclone des Açores va reprendre sa place pour que ma fin de course soit plus paisible… il ne me reste que des pâtes et du riz, que je cuits à l’eau de mer pour économiser l’eau douce, et une boîte de cassoulet… »
Anne Liardet (Roxy)
« Ca va mieux. La mer s’est calmée. J’ai moins de vent mais le bateau souffre moins. Je fais cap presque direct sur la pointe Finisterre. J’ai bien « roupillé » cette nuit dans mon gros duvet d’hiver que je n’avais pas ressorti depuis le Grand Sud. Quel bonheur. J’avais mis le réveil pour aller écoper toutes les 90 minutes. Et la nuit était extraordinaire, avec une lune et des étoiles superbes, la constellation du Scorpion… des moments vraiment sympas qui te font presque regretter que tout cela soit bientôt fini… sans rire, j’ai hâte d’arriver mais il y aura un pincement au cœur, comme lorsqu’on en termine avec quelque chose de très fort. Roxy va bien mais je surveille mon gréement qui, malgré mes efforts, reste très mou. J’essaie de ne pas sur toiler le bateau. Je surveille tout, ma quille et mon puits de dérive bien sûr qui continue de faire un peu d’eau. Je n’ai plus que du lyophilisé à manger, avec mon thé à la bergamotte… Si je passe correctement le cap Finisterre, je peux arriver dimanche… »
Benoit Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western)
« Le vent est rentré du nord avec de gros cumulus. Je suis sous deux ris trinquette et le vent monte fort dans les grains. Le bateau s’est couché plusieurs fois. Les conditions sont vraiment dures et je suis resté toute la nuit sur le pont. Les manœuvres sont pénibles car il fait froid. J’espère arriver demain après midi. »
Source : Vendée Globe
19:19 Posted in Vendée Globe 2004 | Permalink | Comments (0) | Email this | Tags: Voile, Nautisme





















The comments are closed.