Sunday, 09 November 2008

La grande boucle !

Le départ du Vendée Globe millésime 2008 sera donné dans moins d'une heure... Zut, où est mon paquetage ??

J'ai commencé ce blog avec cet évènement il y a 4 ans... Déjà ?!... Je vous épargnerai, cette fois-ci, mes rapports quotidien, mais je m'autoriserais de temps à autre une petite note à ce sujet... La voile restera toujours un de mes rêves !

Si un voileux parmis vous peut m'embarquer un de ces quatre pour que je me prenne une bonne dose d'embruns... je saute à bord !!;-))

Monday, 14 March 2005

Le Vendée Globe 2004-2005 est terminé...

c'est par l'arrivée de Raphaël Dinelli et de Karen Leibovici ce week end, que se termine le Vendée Globe 2004-2005.

Raphaël est arrivé sur son monocoque 60 pieds Akena Verandas à 16 heures 09 minutes et 07 secondes TU soit à 17 heures 09 minutes et 14 secondes heures françaises ce samedi 12 mars 2005.
Le temps de course pour parcourir les 23 680 milles est de 125 jours 04 heures 07 minutes et 14 secondes à la vitesse moyenne théorique sur le parcours de 07,88 nœuds (14,6 km/h).

Raphaël Dinelli termine à la douzième place avec 37 jours 17 heures 19 minutes et 19 secondes de retard sur le vainqueur, Vincent Riou à bord de PRB.

Karen est arrivée sur son monocoque 60 pieds Benefic à 20 heures 04 minutes et 20 secondes TU soit à 21 heures 04 minutes et 20 secondes heures françaises ce dimanche 13 mars 2005.
Le temps de course pour parcourir les 23 680 milles est de 126 jours 08 heures 02 minutes et 20 secondes à la vitesse moyenne théorique sur le parcours de 07,81nœuds (14,46 km/h).

Karen Leibovici termine à la treizième place avec 38 jours 21 heures 14 minutes et 25 secondes de retard sur le vainqueur, Vincent Riou à bord de PRB.

Source : Vendée Globe

Friday, 11 March 2005

Dernier acte

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
12. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) à 83,7 milles de l’arrivée
13. Karen Leibovici (Benefic) à 217,4 milles du 12e
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Onze concurrents arrivés, deux encore en mer, sept abandons

Raphaël Dinelli (Akena Verandas) est attendu demain aux Sables d’Olonne. Il prendra après 125 jours de mer la 12ème place du Vendée Globe. Karen Leibovici (Benefic) devrait-elle, s’adjuger dimanche la 13ème place de ce tour du monde qui comptait 20 postulants lors du départ le 7 novembre dernier. Avec l’arrivée hors course aujourd’hui vendredi à 15 heures 50 (française) de Patrice Carpentier (VM Matériaux), le Vendée Globe 5ème du nom tirera donc sa révérence ce week-end, après 126 jours de compétition exacerbée et d’émotions intenses.

Derniers milles et derniers efforts pour Raphaël Dinelli. Le skipper vendéen n’a pas ménagé sa peine depuis qu’il est entré dans le golfe de Gascogne pour accéder ce week-end aux pontons de Port Olonna. Les éléments semblaient ligués contre lui, sous la forme d’une vaste « langue » anticyclonique étirée de l’Irlande aux côtes espagnoles. Pour la traverser, Dinelli a dû tirer d’innombrables bords contre un vent d’est particulièrement instable. Les dernières heures sont pénibles car au cœur de la dorsale règnent les calmes. Et Raphaël de prendre à nouveau son mal en patience dans l’attente du flux de nord attendu cette nuit pour le propulser jusqu’à la ligne.

Le scénario catastrophe qu’a connu Raphaël devrait s’évacuer avec la dorsale devant l’étrave de Benefic.

Karen Leibovici, à moins de 300 milles des Sables, va pouvoir prolonger son bord au nord est vers la pointe de la Bretagne dans l’attente de la bascule. La mer s’est enfin calmée, ainsi que le vent. Patience aussi pour Karen car derrière cette zone pétoleuse s’installe un flux de nord propice à une dernière descente bâbord amure vers l’arrivée. L’ETA de Karen reste possible pour dimanche après-midi.

Ils ont dit :

Raphael Dinelli (Akena Veranda)
« Je n'ose même pas regarder ma trace tellement c'est un zig-zag. Cela ira mieux ce soir car pour l'instant, je n'ai que 7 noeuds de vent de secteur est. Je l’attends avec impatience car je ne fais que 4 noeuds de vitesse au portant. Je prévois mon ETA pour demain après-midi. Idéalement passage de ligne vers midi et entrée dans le chenal vers 16h. J'ai enfin retrouvé le soleil que je n'avais pas vu depuis 5 jours. Je sens la terre plus proche, les oiseaux commencent à arriver, notamment un pigeon tout à l'heure.

Karen Leibovici (Benefic)
« Il va encore falloir patienter encore pour mon arrivée car la pétole est encore là. Le vent est passé de 35 à 8 nœuds en fin de nuit. J'ai du prendre 1 ris puis 2 puis 3 et affaler la trinquette. Je fais cap vers la pointe Bretagne. J'ai réussi à réparer mon gros pilote automatique, pas encore le petit. J'ai passé la nuit à vider le ballast du bateau. La mer s'est bien calmée mais je suis fatiguée et j'ai froid. Même dans le sud, je n'ai pas eu froid comme ça. Ca doit être la fatigue. Je n'ai plus beaucoup d'eau et peu à manger. Plus que 3 litres de gas-oil. J'espère que cela va tenir jusqu'à l'arrivée. Mon mal au dos est toujours présent. Je me casse la gueule dans le bateau sans arrêt et je hurle de douleur. J'ai l'impression d'être une petite vieille... »

Patrice Carpentier (VM Matériaux)
« Une navigation planétaire intense en émotions, riche en faits divers, certains heureux, d´autres moins. Mais n´est-ce pas le lot commun de tous ceux qui sont en mer. Ce tour là aura eu pour moi une signification particulière. En effet c´était mon cinquième (deux Whitbread et trois Vendée Globe) et dernier. De toutes ces girations, je conserverai une montagne de souvenirs forts qui m´accompagneront tous les jours jusqu´à mon ultime soupir. »

Source : Vendée Globe

Tuesday, 08 March 2005

Baisser de rideau dimanche ?

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
12. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) à 396,1 milles de l’arrivée
13. Karen Leibovici (Benefic) à 404,1milles du 12è
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Onze concurrents arrivés, deux encore en mer, sept abandons

Le rideau pourrait tomber dimanche prochain 13 mars sur la 5ème édition du Vendée Globe. Un Vendée Globe Majuscule, marqué du sceau de la performance, de l’exploit et de l’émotion. Raphaël Dinelli (Akena Verandas) et Karen Leibovici (Benefic) écrivent un dernier acte à l’encre de leur courage et de leur passion. Le Golfe de Gascogne n’aura fait aucune exception depuis l’arrivée des premiers concurrents début février. Il accueille les navigateurs en offrant son jour le plus hideux, vent orienté Nord Est et mer formée, obligeant hommes et machines déjà entamés par 23 000 milles de combat à rallonger la route en multipliant les virements de bord. Raphaël se voit ainsi contraint, après avoir longtemps pointé son étrave vers le nord de la Bretagne, de regarder aujourd’hui vers la côte espagnole ! Karen elle, est bien calée sur la route directe, mais traverse une zone de calme mal pavée. En tout état de cause, l’épilogue se dessine pour les deux navigateurs qui devraient, avec peu d’écart, clore leur périple, dès dimanche prochain.

Raphaël en a marre. Il a déclenché hier soir son virement de bord pour ce qui devait être sa dernière ligne droite vers l’arrivée. Las ! Le centre des hautes pressions recèle de nombreux pièges qui se jouent aujourd’hui du navigateur. Le vent tourne brutalement et dans le mauvais sens; Raphaël qui se refuse à serrer outrancièrement le vent pour ne pas malmener son bateau affiche un cap désastreux vers les côtes espagnoles. Il insiste, multiplie les virements de bord à chaque refus, mais en vain. L’anticyclone ne le lâche pas. La route se rallonge devant les étraves d’Akena Verandas qui cherche plus au sud des vents réguliers. Les 400 milles qui le séparent des Sables, sur la route directe, s’allongent au rythme des virements de bord. Patience, Raphaël, patience…

Karen Leibovici a tout tenté pour rester le plus longtemps possible à l’avant du front froid. Elle a ainsi préservé, malgré la mer démontée, un bon cap et donc une vitesse de rapprochement intéressante. Rattrapée par la zone de vent mollissant, elle en profite pour parer au plus urgent et procéder à de petites réparations de drisses. La mer devrait progressivement s’ordonner tout en restant de secteur Sud Est. A la latitude de Porto, Karen commence à entrevoir la fin de son périple. Moins de 800 milles désormais à parcourir dont une grande partie sur son bord actuel, soit tribord amure. La veille aux cargos est, tant pour Dinelli que pour Benefic plus que jamais de mise. La fatigue et la lassitude sont là, après 120 jours de solitude autour du monde. Le prochain week-end aux Sables marquera pour Karen et Raphaël la fin d’une formidable aventure.

Ils ont dit :

Raphaël Dinelli (Akena Verandas)
« Je suis bien cassé. C’est incroyable ! Je n’ai pas arrêté toute la nuit de multiplier les virements de bord et de changements de voiles. C’est insensé. Le vent tourne dans tous les sens. Il monte à 28 nœuds puis tombe en quelques minutes à 7 ou 8. Dès que je serre le vent, le bateau tape et avec mes étais mous, j’ai peur de tout cassé. Je fais un bord catastrophique vers l’Espagne. Il y a un gros clapot. Et je suis en plein sur l’autoroute des cargos… je vais rester sur ce bord un moment dans l’attente de vents plus réguliers. Mon ETA en prend un coup ».

Anne Liardet (Roxy), en discussion avec Raphaël :
« On t’attend tous ici pour faire une grosse fête. Prends ton mal en patience. Accroche toi. Prends un cap et garde le. Vas te reposer».

Source : Vendée Globe

Monday, 07 March 2005

ANNE LIARDET SUR ROXY, ONZIÈME DU VENDEE GLOBE 2004-2005

C’est à 17 heures 30 minutes et 40 secondes TU soit à 18 heures 30 minutes et 40 secondes heures françaises ce dimanche 06 mars 2005 que le monocoque 60 pieds Roxy skippé par la Brestoise Anne Liardet a coupé la ligne d’arrivée du Vendée Globe 2004-2005, course en solitaire, sans escale et sans assistance au départ des Sables d’Olonne (France).

Le temps de course pour parcourir les 23 680 milles est de 119 jours, 05 heures, 28 minutes et 40 secondes à la vitesse moyenne théorique sur le parcours de 08,28 nœuds (15,30 km/h).

Anne Liardet termine à la onzième place avec 31 jours 18 heures 40 minutes et 45 secondes de retard sur le vainqueur, Vincent Riou à bord de PRB. Elle devient la 3ème femme après Catherine Chabaud et Ellen MacArthur a terminé classée le Vendée Globe.

Source : Vendée Globe

Friday, 04 March 2005

Benoît Parnaudeau, 10ème du Vendée Globe 2005

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
11. Anne Liardet (Roxy) à 558 milles de l’arrivée
12. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) à 763,5 milles du 11e
13. Karen Leibovici (Benefic) à 1077,6 milles du 11e
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Dix concurrents arrivés, trois encore en mer, sept abandons

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) est arrivé hier, le 3 mars à 14 heures 08 minutes et 54 secondes heures françaises après 116 jours 01 heures 06 minutes et 54 secondes

Le skipper Rochelais Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) est le 10ème concurrent à en terminer avec cette 5ème édition du Vendée Globe, course à la voile en solitaire sans escale et sans assistance. Benoît aura accompli sa circumnavigation en 116 jours, 01 heure et 06 minutes 54 secondes. Une performance tout à fait convaincante pour ce Franco Canadien de 32 ans qui s’élançait le 7 novembre dernier à la barre d’un solide et respectable monocoque de 60 pieds lancé il y a près de 15 ans (ex DDP/60ème Sud). Préparateur reconnu, constructeur de bateau et navigateur affirmé, notamment en Mini 6,50, Benoît est allé au bout de son pari, celui d’effectuer en course un tour du monde à la voile, mais en portant avec intelligence et un style certain ses valeurs et ses convictions, celles d’un nautisme respectueux de l’environnement et du commerce équitable. Une aventure et un engagement qu’il a su, avec humour et sensibilité partager à chaque instant.

Une navigation maîtrisée :

Parti prudemment, Benoît Parnaudeau a choisi de profiter pleinement d’une descente de l’Atlantique idyllique. Attentif au bateau, soucieux d’en apprendre toujours et encore les moindres réactions, il rejoint les grandes latitudes sud sans donner l’impression de porter intérêt au classement général. L’entrée dans les 40èmes sonne l’heure du réveil du compétiteur Parnaudeau. En pleine confiance avec son bateau, Benoît s’applique à trouver les trajectoires les plus courtes et les plus rapides. Il compose avec une insolente réussite avec glaces et centres dépressionnaires sur une route très sud qui étonne les observateurs. Alors que casses et abandons frappent indistinctement ses adversaires, Benoît progresse sans jamais déplorer d’avaries sérieuses, preuve des qualités sans faille de ce préparateur hors pair.

Un Vendée Globe taille « humaine » :

On ne peut faire un tour du monde sans s’engager entièrement, sans donner sa vision de ce monde dont on fait le tour, sans s’exprimer sur la planète. Pour certains, le tour ne fut que technique, constitué de latitudes et de longitudes, de degrés et d’adonnantes. Pour d’autres il fut un émerveillement devant les richesses de la nature et un dépassement de soi. Pour Benoît, il fut une analyse permanente des relations humaines, basée sur la géographie. « Nous sommes au large du Brésil, et voilà ce qu’il s’y passe… » Le tout au service d’une certaine idée des relations humaines. Comme le dit la « Déclaration des Droits de l’Homme », texte qui a fait le tour du monde de Benoît, les hommes sont libres et égaux. Ils doivent donc entretenir des relations dans lesquelles chaque individu est respecté et à la possibilité de vivre de façon harmonieuse. La défense du commerce équitable a donc trouvé tout naturellement sa place dans l’univers du Vendée Globe de Benoît.

Plus que trois…

Anne Liardet (Roxy), Raphaël Dinelli (Akena Verandas) et Karen Leibovici (Benefic) restent les trois derniers concurrents encore en mer. Anne est à moins de 560 milles de l’arrivée et pourrait se présenter dimanche dans le chenal du port des Sables d’Olonne. Raphaël Dinelli est entré cette nuit dans le cœur de la dépression qu’il cherchait à contourner ; « c’était Verdun ! » raconte t’il, au point d’affaler sa grand voile pour ne plus garder que le tourmentin à l’avant et se mettre en fuite à la recherche d’une mer mieux pavée et moins casse bateau.

Mer formée et cap incertain pour Karen Leibovici. La jeune femme qui souffre terriblement depuis des semaines de son dos opéré l’été dernier a connu une nouvelle nuit éprouvante, dans un vent soufflant entre 35 et 40 nœuds et sur un bateau malmené par la houle. « J’ai préféré rester allongée car la douleur était insupportable ». Karen Courage, à 1 635,6 milles des sables d’Olonne.

Ils ont dit :

Karen Leibovici (Benefic)
« Le vent baisse un peu mais la mer est toujours formée. Ca refuse un peu et je fais cap vers les Canaries. J’attends la bascule pour repartir vers les Açores. J’ai eu plus de 40 nœuds dans les rafales et les mouvements du bateau étaient terribles pour mon dos. J’ai préféré rester dans ma bannette. Il faut que ça se termine. Je tiendrai le coup. Je vais ramener le bateau aux Sables d’Olonne. »

Raphaël Dinelli (Akena Verandas)
« Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit. Derrière le centre de la dépression, le vent est rentré de nord nord est à plus de 35 noeuds. Le bateau tapait terriblement et il m’a semblé plus sage d’affaler la grand voile et de faire route au nord ouest sous tourmentin. La mer était croisée. C’était Verdun ! J’étais en combinaison de survie. Les vagues passaient par dessus le bateau. Le vent devrait mollir cette nuit et je vais essayer de passer au milieu des Açores. Je veux éviter de passer le cap Finisterre dans du nord est. Je fais un peu comme Vincent Riou une grande cuillère par le Nord Ouest. J’espère toujours arriver le week-end du 12 mars. »

Anne Liardet (Roxy)
« Le vent est renté cette nuit, ça a été une nouvelle fois dur dur mais là ça se calme un peu. C´est un temps de grains avec le vent qui passe de 17 à 35 nœuds. Le bateau est parfois sous toilé et du coup il cogne beaucoup. Mais ça va. J´ai renvoyé vers le nord pour dégager la zone du cap Finisterre où il y a beaucoup de vent, j´attends pour demain une bascule au nord, nord/ouest qui devrait me permettre de faire la route vers Les Sables avec une mer moins de face et donc une situation plus confortable. »

A propos de son Tour du Monde : « On m´avait dit que le Vendée Globe c´était 10% de bonheur et 90% de galères. Je ne suis pas d´accord, on a fait une super descente de l´Atlantique au portant, ensuite j´ai subi une seule grosse dépression dans l´Indien et deux dans le Pacifique. La remontée est un peu dure mais globalement, je peux dire quand même que ça a été. Il faut dire que le bateau est fait pour ça et qu´il encaisse super bien.

Avec les conditions météo prévues, une arrivée dimanche est toujours possible, en fin de matinée j´espère ».

Source : Vendée Globe

Wednesday, 02 March 2005

Tous vainqueurs !

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
10. Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) à 219,5 milles de l’arrivée
11. Anne Liardet (Roxy) à 489,9 milles du 10e
12. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) à 1 141,5 du 10e
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Neuf concurrents arrivés, quatre encore en mer, sept abandons

Comme le soulignait à la veille du départ de cette 5ème édition du Vendée Globe, Sir Robin Knox-Johnson, vainqueur en 1969 de la première course à la voile en solitaire autour du monde sans escale et sans assistance, ceux qui en termineront avec cet « Everest » de la voile hauturière seront tous et indépendamment de leur classement, des vainqueurs. Vainqueurs et héros si l’on observe l’incroyable dureté de cette fin de course pour les deux femmes et les deux hommes encore en mer. L’Atlantique et ses systèmes météos associés ont bouleversé leurs schémas habituels pour offrir à ces 4 marins en lutte depuis 116 jours un infâme cocktail à base de pétole pour les uns, et grains violents pour les autres, avec un dénominateur commun dans cette misère générale, le près, allure contre le vent et face à la houle où hommes et machines déjà meurtris sont encore passés à la moulinette. Les Sablais le savent, ils seront nombreux demain soir à accueillir Benoît Parnaudeau et son Max Havelaar Best Western.

Benoît qui jette ses dernières forces dans les 250 milles qui le séparent de la délivrance. « J’ai été dessus toute la nuit » raconte t’il, « Sous les grains et sous les vrais giboulées de mars, avec un bateau qui se couche dans le froid et l’eau glaciale ». Le vent de secteur nord est rentré. Il mollira demain matin, à l’heure où le Rochelais sera en approche du port vendéen. Marée oblige, ce n’est qu’à partir de 19 heures que Benoît entrera dans le chenal vers Port Olonna.

Formidable Anne Liardet (Roxy). Au plus bas moralement hier, soumise aux caprices d’une dorsale anticyclonique, il a suffi de quelques reflets de la lune et de la constellation du scorpion sur une mer enfin apaisée pour rendre à la jeune femme l’énergie et l’enthousiasme du premier jour. « J’ai hâte d’arriver, mais il y aura un pincement au cœur, comme lorsqu’on termine quelque chose de fort ». C’est donc cela un marin, quelqu’un capable d’aimer toujours et encore les éléments pourtant si durs et si impitoyables. « Plus qu’un ou deux bords à tirer et j’en terminerai vent de travers dans le golfe de Gascogne. A dimanche ! »

Raphaël Dinelli (Akena Verandas) en jubilerait presque, malgré la fatigue et les efforts redoublés sur le pont pour maîtriser un voilier chahuté dans 40 nœuds de vent. « J’ai eu des « claques » à 50 nœuds et le bateau est parti dans des surfs à plus de 20 nœuds. » Avec plus de 270 milles parcourus ces dernières 24 heures en route directe, Raphaël peut être satisfait. A 1 400 milles de l’arrivée, il entame aussi sa dernière caisse de nourriture, preuve tangible que sa grande boucle touche à son terme.

La palme de l’héroïsme à Karen Leibovici (Benefic), marin jusqu’au bout des ongles qui s’évertue au-delà de l’épuisement à équilibrer, régler et faire marcher son bateau au rythme infernal d’un vent qui tourbillonne, s’installe, forcit puis disparaît. Fatigue et douleur, riz et pâtes cuits à l’eau de mer, voilà les composantes des derniers 1 900 milles de Karen dans ce Vendée Globe…

Ils ont dit :

Raphaël Dinelli (Akena Verandas)
"Les conditions ont bien changé. Après la pétole, voici la tempête ! La mer est énorme, et Akena a effectué des pointes à 18 nœuds au GPS. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas été aussi vite. En début de nuit, j'ai eu une énorme frayeur en remontant sur le pont : un cargo en route de collision s'est présenté devant moi. J'ai dû négocier un long moment à la VHF pour lui faire changer de cap parce que si je lofais, c'était le contact assuré. Un empannage dans les conditions aussi sport, ça ne me branchait pas vraiment ! Mais ils ont été sympas, et ils ont bougé On a discuté de la course, moi dans un anglais approximatif, et eux dans leur anglais coréen ! C'était parfait ! »

Karen Leibovici (Benefic).
« Ca avance un peu. Après le près dans la pétole, c’est du près dans le baston. La mer est démontée et le bateau tape beaucoup. La nuit a été très mouvementée avec des passages de grains et donc du vent très instable. Je suis épuisée et j’ai du mal à tenir sur mes jambes. Il est impossible de suivre le rythme du vent. A peine ai-je pris un ris qu’il faut le renvoyer et vice et versa… Je préfère rester un moment sous toilé et aller récupérer. Physiquement, je n’en peux plus. Le pilote ne tient pas dans la pétole, j’ai donc dû barrer. Il faut être dessus tout le temps dans ce vent instable. J’espère que l’anticyclone des Açores va reprendre sa place pour que ma fin de course soit plus paisible… il ne me reste que des pâtes et du riz, que je cuits à l’eau de mer pour économiser l’eau douce, et une boîte de cassoulet… »

Anne Liardet (Roxy)
« Ca va mieux. La mer s’est calmée. J’ai moins de vent mais le bateau souffre moins. Je fais cap presque direct sur la pointe Finisterre. J’ai bien « roupillé » cette nuit dans mon gros duvet d’hiver que je n’avais pas ressorti depuis le Grand Sud. Quel bonheur. J’avais mis le réveil pour aller écoper toutes les 90 minutes. Et la nuit était extraordinaire, avec une lune et des étoiles superbes, la constellation du Scorpion… des moments vraiment sympas qui te font presque regretter que tout cela soit bientôt fini… sans rire, j’ai hâte d’arriver mais il y aura un pincement au cœur, comme lorsqu’on en termine avec quelque chose de très fort. Roxy va bien mais je surveille mon gréement qui, malgré mes efforts, reste très mou. J’essaie de ne pas sur toiler le bateau. Je surveille tout, ma quille et mon puits de dérive bien sûr qui continue de faire un peu d’eau. Je n’ai plus que du lyophilisé à manger, avec mon thé à la bergamotte… Si je passe correctement le cap Finisterre, je peux arriver dimanche… »

Benoit Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western)
« Le vent est rentré du nord avec de gros cumulus. Je suis sous deux ris trinquette et le vent monte fort dans les grains. Le bateau s’est couché plusieurs fois. Les conditions sont vraiment dures et je suis resté toute la nuit sur le pont. Les manœuvres sont pénibles car il fait froid. J’espère arriver demain après midi. »

Source : Vendée Globe

Tuesday, 01 March 2005

Les nerfs à vif !

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française) du 28/02/04
10. Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) à 526,9 milles de l’arrivée
11. Anne Liardet (Roxy) à 397,3 milles du 10e
12. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) à 1 250,5 du 10e
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Neuf concurrents arrivés, quatre encore en mer, sept abandons

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L'arrivée de Bruce Shwab en 9ème position, le 25 février à 08:00:57, en 109 jours, 19 heures, 58 minutes et 57 secondes, à la vitesse moyenne de 8.98 noeuds. belle image de Pierrick Garenne un des rédacteurs des communiqués du Vendée globe.

Et maintenant...
- 114e jour de course : Pas de demi-mesure. Soit il y a trop de vent – 35 à 40 nœuds – pour Benoît Parnaudeau et Anne Liardet, soit il n’y en a pas du tout pour Raphaël Dinelli et Karen Leibovici.

- Les quatre concurrents encore en course sont usés, physiquement et nerveusement. Après bientôt quatre mois de course, ils ont hâte que cela se termine.

Une baston qui dure

40 nœuds établis, des rafales à 50 ! Ce n’est pas tant la force du vent qui pose problème à Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) et Anne Liardet (Roxy), mais l’état de la mer et le fait de devoir l’affronter au près.
Non seulement leur vitesse de rapprochement est quasiment nulle, mais en plus, le bateau souffre terriblement dans cette mer « monstrueuse ». Et quand le bateau souffre, son skipper n’est jamais serein. Impossible de se reposer convenablement dans de telles conditions. Chaque manœuvre est une épreuve de force et seule la bannette propose une position supportable. Le ras le bol est général… Reste à compter les heures en attendant que cela se calme. Malheureusement, cela dure depuis maintenant 48 heures. Si Benoît peut espérer trouver des conditions meilleures dans le nord lundi, Anne devra encore patienter au moins une journée de plus.

Une pétole qui s’éternise

Engluée, stoppée, bloquée, arrêtée… Depuis quatre jours, Karen Leibovici (Benefic) est littéralement prisonnière d’une dorsale anticyclonique où le vent ne dépasse guère 4 nœuds en pointe. Tout l’inverse d’Anne et Benoît !
Et cela devrait durer encore quatre jours de plus… Le bateau est ballotté par la houle. Les voiles claquent d’un bord sur l’autre et fatiguent le gréement qui, déjà éreinté par un tour du monde, n’en demandait pas tant.
Cette situation est d’autant plus pénible que Karen n’a plus beaucoup d’énergie, souffre toujours du dos, et voit l’échéance de son arrivée reculer de jour en jour.
Du coup, la jeune femme est au bord de la crise de nerf.
Prendre son mal en patience demande une force psychologique hors du commun. Alors Karen vide son bateau, le range à nouveau, essaye de s’occuper l’esprit entre deux réglages. Cette fin de Vendée Globe l’oblige à puiser au plus profond d’elle-même pour trouver la force d’affronter successivement, les tempêtes et les calmes, les avaries en tout genre, et les douleurs physiques qui s’accumulent.
Pour Raphaël Dinelli (Akena Vérandas), la situation est similaire mais différente. Similaire parce que, comme Karen, Raphaël n’a plus le moindre brin d’air, et toujours de la houle pour comparer son monocoque à un vulgaire bouchon de liège. Différente parce que Raphaël n’est pas coincé dans la dorsale anticyclonique, mais entre deux dépressions. Il sait donc que cela ne doit durer qu’une journée. Dès la nuit prochaine, le vent devrait revenir en force par l’ouest à l’approche de la prochaine dépression.

Ils ont dit :

Anne Liardet (Roxy)
« J’en ai ras le bol. On a eu notre dose de difficulté physique. Ce ne sont vraiment pas des conditions agréables. Roxy est très fatigué. Le gréement se relâche toujours, les fuites augmentent au niveau du puits de dérive. Le vent fort, c’est une chose, le problème c’est les grains. J’ai établi la voilure pour eux et donc c’est un peu mou entre les grains. Hier, j’ai eu un mal fou à affaler la trinquette. Elle ne voulait pas descendre. J’ai dû tirer dessus comme une malade pour l’affaler. Avec tout ça, cela n’avance pas vite et je perds du temps. Le bateau cogne, tombe, est secoué dans tous les sens. On se demande comment ça fait pour tenir. Ce ne sont pas les conditions les plus fortes qu’on ait eues pendant le Vendée Globe, mais ce sont les plus dures pour le bateau et pour les nerfs. Il n’y a pas grand-chose à faire dans la journée. On compte un peu les heures. Il faut juste surveiller les grains et le pilote qui barre mal dans ces conditions et vire parfois tout seul. Lorsqu’on passe l’équateur, on pense que c’est bientôt fini. En fait, les journées ne font que se rallonger. »

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western)
« J’ai toujours trois ris dans la grand-voile et rien devant. Il y a 35-40 nœuds de vent avec des rafales à 50. La mer est monstrueuse. Parfois, cela s’emballe, c’est hallucinant. Je n’avais jamais connu cela au près. Dans les mers du sud, le vent nous poussait. Hier, j’ai essayé de faire de l’est, mais cela ne le faisait pas du tout. Ce matin, j’ai aperçu un problème d’embout de latte. J’ai affalé la grand-voile, remis l’embout, remonter la grand-voile. Mais dans ces conditions, avec les lazy jacks, c’est tout un bordel ! Du coup, j’ai cassé les lazy… Il faut aussi que je change la drisse de trinquette qui est usée. »

Karen Leibovici (Benefic)
« J’ai 4 nœuds de vent maximum ! Je pense que cela va rester comme ça jusqu’au 3 mars (jeudi). Et j’attaque déjà mon quatrième jour de pétole. J’en ai marre ! C’est très dur pour le moral, et pour les nerfs. Je suis vraiment fatiguée. Ce matin, pour oublier tout, j’ai tout mis par terre et je range les caisses une par une. Cette nuit, je me suis relativement bien reposée, mais il faudrait encore plusieurs nuits comme ça pour l’être vraiment. Le vent est de tendance nord, avec des oscillations au nord-ouest ou au nord-est. Mais ce qui est très gênant, c’est la houle qui secoue le bateau et la girouette. Il est donc difficile de voir les vraies variations du vent. Les voiles se gonflent et se dégonflent. C’est constamment instable. »


« Le vent est tombé complètement. Je n’ai plus rien. C’est une transition entre deux dépressions. Cela devrait revenir en milieu de nuit prochaine. J’ai pensé un moment affaler les voiles en attendant pour ne pas faire souffrir le gréement dans la pétole. Il n’y a que 4-5 nœuds de vent. C’est la mer qui prend le dessus sur les voiles. Je vais essayer de dormir cet après-midi, car la nuit je dois faire de la veille visuelle pour les cargos. Mon transpondeur est en panne. Le but à court terme est d’aller vers les Açores. »

Source : Vendée Globe

Thursday, 17 February 2005

Dérive bâbord endommagée pour Anne Liardet

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
7. Conrad Humphreys (Hellomoto) à 653,7 milles de l’arrivée
8. Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) à 33,3 milles du 7e
9. Bruce Schwab (Ocean Planet) à 437,9 milles du 7e
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. 103e jour de course : Anne Liardet a signalé que sa dérive bâbord avait connu un problème et endommagé le puits de dérive, entraînant une petite voie d’eau.
. Conrad Humhpreys et Joé Seeten sont toujours ralentis par les calmes de l’anticyclone au large du golfe de Gascogne. Leur arrivée n’est pas prévue avant dimanche, dans le meilleur des cas.
. Raphaël Dinelli approche de l’équateur. Le Sablais doit revenir demain dans l’hémisphère nord.

Coup dur pour Anne Liardet
medium_jpg_1100268119_y450.jpgVers 11h00 jeudi matin, Anne Liardet (Roxy) a appelé la Direction de Course pour signaler une avarie au niveau de sa dérive bâbord et de son puits de dérive. Bien qu’elle n’ait pas senti de choc, il est néanmoins probable que ce soit la rencontre d’un OFNI qui ait provoqué cette avarie. Le bout retenant la dérive ayant cassé, l’appendice s’est enfoncé dans le puits de dérive et l’a endommagé, créant une voie d’eau. La navigatrice s’est rapidement mise à la cape sur le bord opposé pour limiter cette entrée d’eau, estimée à un seau de 10 litres toutes les 40 secondes. « J’ai ce qu’il faut à bord pour réparer le trou » a-t-elle assuré à la vacation du jour. « La dérive est fendue et semble bien coincée dans le puits. Je n’arrive ni à la lever ni à la pousser… Il faut que j’enlève cette dérive afin de colmater le puits avec de la résine. » La dérive étant également abîmée, il semble peu probable qu’Anne Liardet puisse la réutiliser. Ne pouvant inverser sa dérive tribord, elle va devoir remonter l’Atlantique Nord sans dérive bâbord, ce qui ne lui permettra pas de suivre un cap optimum pour les allures de près.

75 milles en 24 heures !
Bloqués par les vents évanescents de l’anticyclone qui s’étale sur la moitié de l’Atlantique Nord, Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) et Conrad Humphreys (Hellomoto) doivent prendre leur mal en patience. Bien que le calme règne autour d’eux, ces conditions sont beaucoup plus épuisantes physiquement et nerveusement que de la brise. Il faut sans cesse régler les voiles, matosser, et adapter le bateau aux faibles variations de vent. Seule consolation pour les deux skippers, savoir que l’autre connaît les mêmes conditions… Privé d’énergie depuis plusieurs jours, Conrad Humphreys doit barrer plus de 15 heures par jour, tandis que Joé Seeten regarde sa plage avant en imaginant les solent, gennaker et spis qu’il a perdus ou déchirés et qui lui seraient bien utiles pour s’extirper des petits airs…

Dinelli proche de l’équateur
Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) s’apprête à retrouver l’hémisphère nord demain. Raphaël était heureux aujourd’hui de sentir les premiers signes de notre hémisphère avec l’arrivée de la houle du nord-est qui précède les alizés du même secteur. Mais avant de toucher ce nouveau vent, le navigateur sablais doit d’abord traverser le Pot-au-Noir qui est, semble-t-il, toujours aussi peu actif en ce moment.

Ils ont dit :

Anne Liardet (Roxy)
« Je ne suis pas certaine d’avoir heurté quelque chose ou si c’est simplement le bout qui a cédé, mais ma dérive bâbord est fendue. En reculant elle a explosé le puits de dérive, provoquant une voie d’eau. J’ai tout de suite mis à la cape et ai appuyé le bateau sur tribord pour que l’eau ne pénètre plus dans le bateau. La dérive est fendue et semble bien coincée dans le puits. Je n’arrive ni à la lever ni à la pousser… Le bout de descente est coincé entre la dérive et la cloison. J’ai encore 20 à 25 nœuds de vent et la mer est agitée. Il faut que j’enlève cette dérive afin de colmater le puits avec de la résine. Après, je pourrai reprendre ma route, même avec une seule dérive, même si celle-ci n’est pas interchangeable. Il faut démâter pour enlever les dérives ce qui est naturellement impossible en mer. Tant que le bateau est gîté sur tribord, je ne fais plus d’eau. J’ai entendu un bruit, comme quelque chose qui courait le long de la coque, mais il n’y a pas de trace de choc sur la dérive, et la quille et le safran sont intacts. J’ai bon moral, juste un peu énervée. Mais cela ne m’empêchera pas de finir. »

Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) :
« J’ai parcouru 130 milles en 38 heures, à 3 nœuds de moyenne ! Ce n’est pas très heureux ! j’ai actuellement 2,3 nœuds de vent… J’espère que cela va rentrer bientôt, peut-être cet après-midi… Je pense que Conrad a fait une petite bêtise ; venant de dessous, il n’avait pas à entrer ainsi dans l’anticyclone. Je pense qu’il a voulu me marquer, mais à 2 nœuds, ce n’est pas un très bon contrôle. Il est maintenant mieux positionné que moi et avec ses voiles d’avant, il devrait aller plus vite que moi dès que le vent d’est-nord-est sera rentré. J’ai connu hier une journée épuisante. Je me suis endormi de fatigue et quand je me suis réveillé, le bateau avait fait demi-tour. Il m’a fallu 6 heures pour revenir dans la pétole à mon point de départ ! C’est beaucoup plus fatigant de naviguer ainsi que dans la brise. Il faut être dessus tout le temps, attentif aux réglages, au matossage, etc. Les fichiers ne sont pas fiables. Cet anticyclone devait monter au nord-est. Je n’aurais jamais cru qu’il allait redescendre. Je suis pile dans son centre et je ne parviens pas à m’en sortir. La mer ondule, car on est au large, mais avec de grands calmes, quelques petites risées et des précipitations… Une espèce de Pot-au-Noir avec les orages en moins. J’attends le vent pour me reposer. On est sur les nerfs. C’est une chance que nous soyons hors des routes maritimes entre Ouessant et le cap Finisterre, car nous serions obligés d’enclencher le moteur pour nous dégager si un cargo nous arrivait dessus… »

Conrad Humphreys (Hellomoto) :
« Depuis deux jours, je suis dans l’incapacité de démarrer mon moteur. J’ai donc éteint tous les instruments du bord, y compris l’informatique. Je navigue en aveugle, sans information extérieure, ni météo, ni classement ou position. Je barre entre 15 et 16 heures par jour. J’ai attaché ma barre avec un système de bouts qui permet de tenir un cap tant bien que mal à condition d’avoir un minimum de pression dans les voiles. J’ai sorti mon duvet et je somnole près de ma barre. Je suis très fatigué et j’espère pouvoir me reposer si le vent se stabilise. Le vent a l’air de rentrer un peu. J’espère qu’il va se maintenir et me permettre de faire route directe vers Les sables... J'ai aussi perdu toute pression dans les vérins de quille la nuit dernière. Je l'ai donc fixée une fois pour toutes. Je manquerai un peu de stabilité si le vent se lève mais cela devrait marcher..."

Raphaël Dinelli (Akena Verandas) :
« J’ai commencé hier à sentir la houle de l’Atlantique Nord. Je l’ai sentie rentrer et je me suis dit : « ça sent la maison ». Depuis plusieurs jours, je suis au taquet. Il faut rentrer. Alors je me bagarre comme si j’étais en tête. J’ai encore eu hier des conditions dantesques sous des grains énormes. J’en ai profité pour me doucher. Le bateau va bien quand il y a du vent. J’essaie d’en tirer le meilleur parti. C’est un très bon bateau qui peut encore aller plus vite avec quelques améliorations. Il fait très chaud. L’intérieur est un vrai sauna absolument pas ventilé. Les nuits sont agréables mais les journées beaucoup trop chaudes. Je ne me fais pas trop de souci pour le Pot-au-Noir. Il ne peut pas être pire que ce que l’on a connu au large du Brésil. »

Source : Vendée Globe

Wednesday, 16 February 2005

Humphreys et Seeten toujours à la lutte !

Classement de 15h00 TU (16h00 heure française)
7. Conrad Humphreys (Hellomoto) à 737,5 milles de l’arrivée
8. Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) à 25,3 milles du 7e
9. Bruce Schwab (Ocean Planet) à 573,7 milles du 7e
class.16.02.xls

. 102e jour de course : Conrad Humphreys a repris la 7e place à Joé Seeten pour seulement 25 milles.
. Ces deux concurrents sont toujours attendus ce week-end aux Sables d’Olonne.
. Karen Leibovici semble sortie de la zone perturbée le long des côtes brésiliennes.

Chassé-croisé
En quelques jours, Conrad Humphreys (Hellomoto) (en photo) et Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) ont alterné à la 7e place.
Ce matin, le skipper anglais s’est de nouveau glissé devant son adversaire. Décalé dans le sud-est de Seeten, Humphreys bénéficie d’un vent légèrement plus soutenu au sud de l’anticyclone.
De son côté, Joé subi les calmes du centre anticyclonique. Il a passé des heures à tenter de s’extirper des vents erratiques particulièrement instables en force et direction. « Je suis stratégiquement coincé ; si je continue au nord, je m’englue dans l’anticyclone, et si je pars au sud, je me recale derrière Conrad » analyse Joé.
Seule solution pour le skipper dunkerquois, naviguer sur le bord le plus rapprochant, vers le nord-est en attendant une bascule du vent qui lui permettra de virer de bord vers les Sables d’Olonne.

Des arrivées attendues
L’arrivée des deux prochains concurrents dans le courant du week-end est particulièrement attendue. Notamment du côté de Dunkerque où une délégation de “carnavaleux“ s’apprête à faire le voyage jusqu’aux Sables d’Olonne pour accueillir comme il se doit l’enfant du pays. La fin du carnaval de Dunkerque d’un côté et l’arrivée de Joé pendant le week-end de l’autre devraient assurer un grand spectacle haut en couleur autour de Port Olona. Fanfares, déguisements et chansons à boire seront de la partie pour célébrer les deux prochains héros de ce Vendée Globe.

Dur passage pour Karen
Après avoir subi un coup de vent jusqu’à 70 nœuds dans une mer chaotique le long des côtes brésiliennes, Karen Leibovici (Benefic) s’est résolue à repartir au sud-est, quitte à s’éloigner de la route, pour s’extraire de cette zone peu hospitalière. Décidément, les conditions météorologiques n’auront pas été très clémentes avec les derniers de ce Vendée Globe. Mais Karen, qui garde toujours le moral, espère pouvoir bricoler un nouvel hydrogénérateur avec les pièces de rechange du bord. Elle se trouve toujours au large de Porto Seguro (Brésil). Devant elle, Raphaël Dinelli (Akena Vérandas), au large de Recife, profite toujours de l’alizé de sud-est pour filer plein nord vers l’équateur. Dans l’hémisphère nord, Benoît Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western) et Anne Liardet (Roxy) remontent vers l’archipel du Cap Vert grâce à l’alizé de nord-est. Benoît possède toujours plus de 300 milles d’avance sur Anne. Tous les deux sont au près, dans une mer assez ordonnée. Enfin, Bruce Schwab (Ocean Planet) est passé à moins de 130 milles de Palma (Canaries). Pour l’instant, il est le seul à avoir suivi une route est pour remonter vers l’Europe.

Ils ont dit :

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western) :
« Je suis dans un alizé un peu bizarre car le ciel est gris, sans cumulus, peut-être encore sous l’influence de la dépression Mauritanienne. J’avance bien. La mer s’arrange et je peux porter plus de toile sans trop taper dans la mer. Je bouquine un peu, je lis « tortilla flat » de Steinbeck. Je n’écoute pas beaucoup de musique en revanche. Je passe du temps à régler le bateau. J’ai toujours grand plaisir à naviguer, car chaque jour et chaque nuit sont différents. Mais l’isolement me pèse un peu. Je ressens une certaine impatience depuis le Horn. J’ai envie de revoir les gens que j’aime, ma copine… L’hydrogénérateur marche vraiment bien. J’ai pu cette nuit aller sur Internet, récupérer des fichiers météo sans actionner mon moteur, juste avec l’hydro… C’est vraiment une source d’énergie d’avenir… »

Bruce Schwab (Ocean Planet) :
« Tout va bien. Cela se passe comme prévu et je parviens à échapper aux zones de calme. Je suis content d’être au portant. Cela va durer un petit peu, puis je serai de nouveau au près mais dans du vent moins fort, 25 nœuds maximum je pense. Je vais remonter sur une route proche des côtes, à moins que je ne sois obligé de partir un peu dans l’ouest pour avoir un meilleur angle de vent. Mais je vis de belles journées. J’ai même joué un peu de guitare et j’ai pu avancer sur le morceau que je compose à l’attention de Denis Horeau (Directeur de course du Vendée Globe). J’ai vraiment hâte d’arriver. J’ai envie de voir tous mes amis qui arrivent des Etats-Unis, mes amis français et tous ces inconnus qui m’ont envoyé leurs encouragements et leurs témoignages d’amitié. Et puis surtout, je sais que ma maman sera là ! Le soutien à mon projet est extraordinaire aux Etats-Unis, mais aussi aux quatre coins du monde, surtout de la part d’individualités anonymes… Je suis toujours dans l’attente d’un sponsor principal. Il n’est pas trop tard car nous préparons une fête pour le retour du bateau en Amérique et tout soutien est le bienvenu pour notre projet. A part cela, tout va bien à bord. Je n’ai plus de petites douceurs à manger, juste les aliments de base. Question énergie, j’ai vraiment été très économe. Je crois qu’il me reste plus de 100 litres de carburant dans la quille. »

Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) :
« Je suis complètement ralenti en bordure de l’anticyclone. Je n’arrive pas à m’en dégager. Je zigzague dans un vent erratique et sur mer plate. Le vent n’est stable ni en force ni en direction. Je passe tout mon temps à régler et à anticiper les virements dans à peine 10 nœuds de vent. C’est un peu usant, d’autant que pendant ce temps, Conrad (Humphreys) se replace intelligemment. Il a un peu plus de pression et un meilleur angle de vent que moi. Je suis stratégiquement coincé ; si je continue au nord, je m’englue dans l’anticyclone, et si je pars au sud, je me recale derrière Conrad. Je dois donc tirer des petits bords rapprochants pour m’extraire des hautes pressions et espérer pouvoir enfin faire route bâbord amures vers la ligne d’arrivée. C’est une situation très énervante. J’ai bien tenté hier soir une petite danse indienne pour faire revenir le vent mais en vain. J’envisage mon arrivée samedi soir prochain. Je vais me battre jusqu’à la fin, surtout que je sais que de nombreux Dunkerquois seront là pour m’attendre et faire goûter aux Sablais un peu de l’ambiance du carnaval de Dunkerque. »

Karen Leibovici (Benefic) :
« J’ai eu une semaine difficile, surtout ces quatre derniers jours, sous les grains orageux et sur une mer compliquée à cause des courants contraires. Il m’était impossible de faire la route. Je n’avais pas le choix, il a fallu partir dans l’est, et même au sud-est. Ce n’est que ce matin que j’ai pu virer et faire à nouveau la route directe. Cela a vraiment été très difficile, avec 40 nœuds de vent établi et jusqu’à 70 nœuds dans les grains. C’est là que j’ai perdu mon hydrogénérateur, lors d’un grain soudain que je n’ai pas vu venir. Il faut que je reconstruise l’hélice avec des pales de rechange. Pour l’énergie, il me reste un peu de gasoil et mes panneaux solaires. La plupart de mes instruments sont éteints pour ne pas décharger mes batteries trop vite. Dès que la mer sera plus calme, je débrancherai les pilotes pour barrer au maximum. C’est dur physiquement. J’ai beaucoup dormi cette nuit pour récupérer. »

Source : Vendée Globe

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